Édouard Baratier : Enquêtes sur les droits et revenus de Charles Ier d'Anjou en Provence (1252 et 1278)

92 ENQUÊTES DE CHARLES D'ANJOU EN PROVENCE un usage très répandu; on la retrouve dans presque tous les domaines du vomte ainsi à Èze, Figanières, Aups, Séranon, Guillaumes, La Javie, etc., mais souvent ce service pèse seulement sur les tenanciers; n'y sont astreints en général que ceux qui possèdent un âne ou une bête de somme (1). Ces corvées et services divers, nous conduisent ainsi à considérer, d'après l'enquête de 1252, le comte comme propriétaire foncier et à examiner successi– vement l'étendue de ses biens immobiliers, soit qu'il en ait gardé la gestion directe, soit qu'il les ait concédés à titre casuel ou perpétuel à divers tenanciers. C. Les droits et revenus fonciers. Dans les seigneuries qui appartiennent au comte en partie ou en totalité, l'enquête de 1252 énumère en détail des maisons, des terres, des vignes, des prés, des bois, en un mot divers biens immobiliers; puis elle donne de longues listes nominatives de tenanciers, avec en regard les redevances qu'ils acquittent; quelquefois la raison du cens ou du service est précisée pour un chasement ou, plus simplement, pour une maison, une vigne, etc. Sur les liens personnëls qui unissent les tenanciers à leur maître, il faut se résigner à rester dans l'incertitude; l'importance des corvées et des obligations, les mentions est homo ou de quista ad arbitrium peuvent seulement inciter à considérer certains d'entre eux comme étroitement dépendants. Sur la nature exacte des tenures, l'hommage roturier, 1'obligation de résidence, le formariage, la main morte, rien à espérer non plus de cet inventaire précis mais limité à son objet. 1. Les châteaux et immeubles bâtis. Le comte possède naturellement plusieurs châteaux, mais l'enquête n'utilise jamais le mot castellum (2). Dans les grandes villes comme Aix, Arles (3), Avignon, Nice, Tarascon, Grasse, Brignoles, elle use du mot palatium, qui convient sans doute mieux à une importante demeure comtale, siège de la cour d'un bailliage; ce terme se rencontre aussi dans des bourgs comme Villeneuve-Loubet (4), (1) A Guillaumes, chaque feu doit une saumée de bois à Noël. A Èze, tous ceux qui ont des bêtes apportent une saumée de bois à Noël, etc. (infra, édit., nOS 97, 219, 228, 304, 492 et 592). (2) Exceptionnellement cependant, on y trouve le castellum de Loubet près de Villeneuve, qui n'est plus qu'un lieu entouré de murs anciens (infra, édit., nO 148). (3) A Arles, le comte a deux palais à sa dis- position ; celui de La Trouille où il y a plusieurs maisons, et le palais de la commune confisqué au consulat (ibid., nO 719). (4) A Villeneuve·Loubet, le comte a pulcher. rimum palatium et custodiendum. Malgré la faible importance démographique de ce lieu, le terme palatium convient sans doute à l'an– cienne résidence de Romée de Villeneuve, grand bayle d'Outre-Siagne. http://e-mediatheque.mmsh.univ-aix.fr Corpus | Etudes angevines

RkJQdWJsaXNoZXIy NDM3MTc=