Édouard Baratier : Enquêtes sur les droits et revenus de Charles Ier d'Anjou en Provence (1252 et 1278)

CHAPITRE III LES DIVISIONS ADMINISTRATIVES DU COMTÉ ET LES LIMITES DES CIRCONSCRIPTIONS Une étude sur les cadres administratifs de la Provence au XIIIe siècle est néces– saire avant d'aborder la description détaillée des domaines du comte et des prin– cipaux seigneurs. Il convient de rappeler l'origine de ces circonscriptions, baillies et vigueries, de retracer le rôle et les attributions de leurs chefs et enfin d'en fixer les limites avec le plus de précision possible. 1. LES AGENTS DE L'ADMINISTRATION LOCALE DES COMTES Les ongmes. Les anciennes divisions administratives carolingiennes ont disparu au xe siècle, incorporées dans le régime féodal. Les vicomtes, vicarii et ministeriales ont fait souche de familles puissantes et leurs descendants se sont appropriés hérédi– tairement des fonctions, que primitivement le comte donnait ou enlevait à son gré. Ils continuent à rendre la justice, à percevoir les impôts, à réclamer le ser– vice militaire, mais à leur profit. Ils ne sont unis au comte que par le lien vassa– lique. Il ne faut pas chercher dans ces cadres, envahis et bouleversés par la féo– dalité, l'origine des circonscriptions administratives postérieures, créées pour les besoins de la politique comtale au XIIe et XIIIe siècles. A côté des domaines inféodés, le comte a gardé certaines terres qui lui appar– tiennent en propre. II a toujours dû exister à la tête de ces domaines des agents révocables pour les administrer. Aussi bien on rencontre de tels serviteurs dans les domaines des seigneurs laïcs et ecclésiastiques. Dès le milieu du XIe siècle, ces hommes de confiance peuvent porter le titre de bajulus (1); à cette époque (1) Ainsi dans le cartulaire de Saint-Victor on trouve Hugo bajulus, donateur en 1060 (GUÉRARD, op. cit., t. Il, p. 71, nO 750); Petrus bajulus, témoin d'un acte en 1068, ibid., p. 41, nO 698). http://e-mediatheque.mmsh.univ-aix.fr Corpus | Etudes angevines

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