Édouard Baratier : Enquêtes sur les droits et revenus de Charles Ier d'Anjou en Provence (1252 et 1278)

116 ENQUÊTES DE CHARLES D'ANJOU EN PROVENCE L'apparition des viguiers (1). Dès le XIIIe siècle, les bailes ne sont plus les seuls chefs de l'administration locale. Agent carolingien secondaire, le vicarius avait disparu rapidement au haut Moyen Âge. Dès le XIIe siècle, des viguiers amovibles se rencontrent dans certains consulats municipaux comme Nice et Marseille. Le premier viguier comtal fut celui que Raymond VI de Toulouse nomma à Marseille pour le représenter. Le comte Raymond Bérenger V en institua deux, qui sont à l'ori– gine des vigueries provençales. Nice, en 1229, après sa reddition, dut remettre ses pouvoirs aux mains d'un viguier comtal (2 ), ce fut Romée de Villeneuve qui cumula cette fonction urbaine avec la baillie de Fréjus-Outre-Siagne; en 1239, le comte, par un habile coup de main, installa à Arles, avec l'appui de l'archevêque Jean Baussan, un viguier chargé de défendre ses intérêts dans la ville. Après avoir été expulsé lors des révolutions communales de 1246-1248, ce fonctionnaire fut réinstallé par le comte Charles 1er , en 1251, avec des pouvoirs absolus. De même en 1251 fut institué à Avignon un viguier nommé par les comtes de Provence et de Toulouse (3 ) . Puis apparurent les viguiers de Tarascon, de Marseille (1257), de Forcalquier, d'Hyères et de Grasse. Dès lors, ce n'est plus seulement dans les très grandes villes que l'on rencontre des viguiers, mais dans l'ensemble du comté. Les viguiers remplacent les grands bailes de l'époque précédente. La viguerie se subdivise en baillies. Il ne subsiste plus entre baile et viguier qu'une différence de prestige. En 1252, nous sommes en pleine période de transition et le terme de viguerie n'apparaît encore ni dans l'enquête de 1252 ni dans le compte de 1249. II. LES LIMITES GÉOGRAPHIQUES DES BAILLIES ET VIGUERIES EN 1252 Répartition géographique des baillies et vigueries. Les renseignements sur la répartition géographique des baiHies avant 1250 sont très incomplets. En majeure part, ils sont fournis par les statuts successifs, promulgués par le comte Raymond Bérenger V, pour les baillies de Fréjus (1235), de Digne, de Senez et de Sisteron (1237). La baiBie de Fréjus, d'après (1) Sur les Vlgwers, consulter, F. M. BRY, Les vigueries de Provence, Paris, 1910; R. Bus– quet, Origine des viguiers et des vigueries en Provence, dans Provincia, t. 1 (1921). (2) Voir ·à ce propos, les statuts de Nice de 1229, indiqués par F. BENOIT, op. cit., p. 238, nO 130, publiés dans les Monumenta historiae patriae, Leges municipales, t. l, col. 84-85, et DATTA, Della liberta del comune di Nizza, 1859, p. 197. (3) Cf. H. LABANDE, Avignon au XIIIe siècle, p. 54 et 143. http://e-mediatheque.mmsh.univ-aix.fr Corpus | Etudes angevines

RkJQdWJsaXNoZXIy NDM3MTc=