Édouard Baratier : Enquêtes sur les droits et revenus de Charles Ier d'Anjou en Provence (1252 et 1278)

134 ENQU.ËTES DE CHARLES D'ANJOU EN PROVENCE cuments de l'époque nous apprennent sur l'implantation du domaine comtal. Si les comtes ont continué à revendiquer sur l'ensemble de leur comté de Provence des droits éminents et en ont effectivement joui sauf dans les zones monta– gneuses du nord et de l'est, leur domaine propre s'est limité à certaines terres et seigneuries sises dans l'ouest rhodanien ou le long de la vallée de l'Argens. II. LA CONSTITUTION DU DOMAINE DANS LA PREMIÈRE MOITIÉ DU XIIIe SIÈCLE Dans l'enquête de 1252, le domaine se présente au contraire assez bien réparti sur l'ensemble du comté, sauf dans de rares régions, incomplètement soumises encore, comme les alentours de Marseille ou la baronnie de Castellane. Le comte Raymond Bérenger V, par une habile politique, a su consolider son emprise sur quelques villes importantes; pour y asseoir solidement son autorité, il y a installé un officier qui s'occupe avec soin de son domaine dans la ville et dans la circonscription qui en dépend. Charles 1er continue avec profit cette politique en soumettant définitivement les grands consulats de l'ouest. Par achats et surtout par confiscations sur des seigneurs rebelles à son auto– rité, Raymond Bérenger V a largement développé l'étendue d'un domaine direct qui à l'époque de sa minorité devait être bien réduit. Pour s'en convaincre, il suffit d'examiner le tableau que nous avons dressé de l'origine des seigneuries ou coseigneuries comtales, mentionnées dans l'enquête de 1252. Dans la plupart de ces seigneuries l'emprise du comte est récente. Le plus souvent, il s'agit de terres confisquées à des rebelles ou faidits et tombées de ce fait par droit de com– mise dans le domaine comtal; tels les biens de Raibaud de Beaujeu, de Guigonnet de Galbert et des bannis de Nice et de Guillaumes. Certaines de ces occupations par la cour comtale:sont provisoires et nous savons, par des documents postérieurs, que ces seigneuries ne sont pas restées dans le domaine comtal; ainsi Trinquetaille rendue aux barons des Baux; La Verdière, aux héritiers de Boniface de Castellane; Néoules et Signes, aux seigneurs de Signes. Dans une dizaine de consulats du val de Seyne ou du haut Verdon dans la Provence alpine, le comte, en favorisant l'établissement de ces libertés, s'est fait attribuer le quart ou le cinquième des droits et revenus du consulat, son repré– sentant ou baile étant obligatoirement l'un des consuls. Par contre, en suppri– mant les consulats de Nice, de Grasse et de Brignoles, Raymond Bérenger V s'en est attribué les droits et revenus et Charles 1er presque simultanément à B 278), l'hommage de Boniface de Castellane à Grasse en 1189, une expédition d'Alphonse 1er à Nice, un accord avec l'évêque de Digne, un plaid de 1157 à Gaubert (Arch. dép., B 284), l'inféodation du Chaffaut à Rodrigue de Cascau en 1181 (Arch. dép., B 5, fol. 112). http://e-mediatheque.mmsh.univ-aix.fr Corpus | Etudes angevines

RkJQdWJsaXNoZXIy NDM3MTc=