Édouard Baratier : Enquêtes sur les droits et revenus de Charles Ier d'Anjou en Provence (1252 et 1278)

CHAPITRE V DOMAINE COMTAL ET GRANDES SEIGNEURIES AU MILIEU DU XIIIe SIÈCLE 1. EN PROVENCE ORIENTALE Sous le terme imprécis de Provence orientale, nous regroupons les régions qui avaient été confiées par le comte Raymond Bérenger V à son fidèle Romée de Vil– leneuve sous le nom de grande baiHie d'Outre-Siagne. Dans l'enquête de 1252, ces circonscriptions sont présentées dans le cadre sui– vant : évêché de Nice, évêché de Vence, évêché de Grasse, baiHie de Saint-Au– ban et, beaucoup plus loin et après d'autres régions, évêché de Glandèves; ce qui correspond dans le compte de 1263-1264 (1) aux vigueries de Nice et de Grasse et à la baillie de Puget-Théniers, les baillies de Peille, Villeneuve, Vence et Lantos– que dépendant alors du viguier de Nice. Les deux villes importantes de cette région sont Nice et Grasse, deux anciens consulats où le comte Raymond Bérenger V est parvenu à asseoir son autorité dès les débuts de son gouvernement person– nel, entre 1220 et 1230. Le domaine comtal de la zone côtière. Au XIIe siècle, l'autorité comtale en Provence orientale semble avoir été plus nominale que réelle. Les deux villes consulaires et la côte subissent l'influence des républiques maritimes de Gênes et de Pise, alors que le haut pays est aux mains de seigneurs pratiquement indépendants, ancêtres des familles de Glandè– ves, de Beuil et de Thorame. Alphonse 1er intervient cependant à Nice en 1176 et confirme l'autonomie consulaire; il s'agit là d'une manifestation isolée et Nice subit de plus en plus l'influence de sa voisine, la république de Gênes dont la puissance ne fait que grandir. Les Génois s'efforcent d'obtenir un monopole (l) Cf. Arch. dép., B 1501. http://e-mediatheque.mmsh.univ-aix.fr Corpus | Etudes angevines

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