Édouard Baratier : Enquêtes sur les droits et revenus de Charles Ier d'Anjou en Provence (1252 et 1278)

150 ENQUÊTES DE CHARLES D'ANJOU EN PROVENCE Raymond Rostaing, seigneur de val de Blore, apparemment un de ses cousins et qui a aussi des droits seigneuriaux dans la vallée de la Tinée à Saint-Sauveur, Rimplas, Clans et Roure, est l'un des chefs d'une révolte contre le roi Charles 1er en 1276 (1). Par le val de Blore, les seigneurs de Beuil ont des relations avec la vallée de la Vésubie et les comtes de Vintimille. Dans la haute vallée de la Tinée, les seigneuries de Saint-Étienne et Saint– Dalmas appartiennent dans la seconde moitié du XIIIe siècle à une branche ca– dette de la famille de Glandevès qui a ajouté à son patronyme le nom de Faucon; il s'agit de la seigneurie de Faucon du Caire dans le canton de Turriers (2 ). Ainsi dans la baiHie de Puget-Théniers la cour se heurte à de puissants barons, mais malgré leurs liens de consanguinité ces familles seigneuriales sont loin d'opposer un front homogène à la pénétration comtale. Les anciennes baronnies d'Entrevaux, de Puget-Théniers et de Guillaumes sont en voie de désagrégation; celle de Beuil se maintient plus longtemps. Le comte, qui s'est installé solidement à Saint-Auban et à Guillaumes, a pu faire reconnaître partout ses droits comtaux éminents, avec d'autant plus de facilités que ses revendications ne se heurtent pas ici comme dans l'ouest de la Provence à des diplômes d'exemption accordés par ses prédécesseurs. II. EN BASSE-PROVENCE MARITIME ET RHODANIENNE A. LE DOMAINE COMTAL Cette vaste région, qui s'étend à l'ouest de la Siagne entre la mer, le Rhône et la Durance puis le Verdon, comprend sous le comte Raymond Bérenger V et Beuil, par la cour royale de Puget-Théniers, notamment entre 1270 et 1280 (Arch. dép., B 391). En avril-mai 1282, le baile royal des Thènes sur l'ordre du sénéchal met en possession de la moitié des seigneuries d'Ilonse, Roure, Roubion, Rigaud, Pierlas, Marie et Bairols, Jacques Gantelme, grand père maternel des sœurs Béatrice, femme de Boniface Faraud, et Delphine, filles de feu Raimond de Beuil, dont la cour soutient les droits contre Guillaume Ros– taing (Arch. dép. des Alpes-Maritimes, fonds Città et contado de Nizza, mazzo 16, Beuil et comté, liasse 2). Déjà en 1271, le juge de Puget– Théniers avait condamné l'écuyer de Guillaume Rostaing, qui avait fait proclamer à Ilonse que personne ne vende de victuailles à la famille du seigneur Jacques Gantelme. (1) Cf. L. BUEIL, Les seigneurs de val de Blore, dans Nice historique, 1953, p. 9, et CAÏ S DE PIERLAS, Statuts du comté de Vintimille, p. 5. En 1276 le comte mande à son sénéchal de s'emparer des chefs de la révolte Pierre Balb (de la famille des comtes de Vintimille), Raymond Rostaing du val de Roure et Féraud de Saint– Sauveur. (2 ) Cf. 1. BUEIL, La féodalité dans la haute Tinée dans Nice historique, 1957, p. 81-86. En 1235, l'héritière des Rostaing de la haute Tinée aurait épousé Anselme de Glandevès; leur fils, Guillaume Faraud de Glandevès serait la tête de cette branche des Glandevès-Faucon. http://e-mediatheque.mmsh.univ-aix.fr Corpus | Etudes angevines

RkJQdWJsaXNoZXIy NDM3MTc=