Édouard Baratier : Enquêtes sur les droits et revenus de Charles Ier d'Anjou en Provence (1252 et 1278)

INTRODUCTION 179 lèges de ces terres exemptes, réservant au comte la punition des crimes, quitte à laisser les profits de cette haute justice à l'Église. Au milieu du XIIIe siècle, dans l'ouest provençal, entre le Rhône et la région aixoise, si la souveraineté comtale n'est plus mise en question, les droits comtaux d'albergue, de cavalcade et même de haute justice restent très irrégulièrement reconnus et les seigneuries appartenant en propre à la cour sont assez rares. III. -- EN HAUTE-PROVENCE La Haute-Provence est uniquement représentée dans l'enquête de 1252 par la baiHie générale de Digne et ses subdivisions. En effet la baillie de Sisteron, sise au nord-ouest de celle de Digne, en deçà de la Durance, et les baiHies de Forcalquier et d'Apt, au-delà de la Durance, sont encore administrées par les officiers de la comtesse douairière Béatrice de Savoie. Toutes ces circonscrip– tions furent réunies au domaine de Charles 1er d'Anjou et de Béatrice de Pro– vence après le traité de 1256, mais des renseignements précis et complets sur l'étendue du domaine comtal ne seront donnés que dans la grande enquête de Charles II à la fin du XIIIe siècle. La baiHie de Digne, formée de régions montagneuses bien délimitées géogra– phiquement, se prête à une étude séparée de ses différentes subdivisions. Chaque vallée possède son individualité propre et a vu naître et se développer une ou plusieurs seigneuries; au XIIIe siècle, ces seigneuries sont partagées en de mul– tiples fractions. Le comte n'a pas rencontré d'oppositions sérieuses pour y faire reconnaître ses droits, à cause de leur multitude et de leur division. De plus, très habilement, il a soutenu la formation de consulats dans les petites villes, ce qui lui permet d'en être le seul seigneur majeur et de participer en partie par son baile, consul permanent, à la juridiction et aux profits des consulats. La baillie de Colmars. Les trois principaux bourgs de la haute vallée du Verdon : Allos, Beauvezer et Colmars, présentent entre eux une parfaite similitude. Ils sont administrés par des consulats, concédés par le comte, qui a retenu ses principaux droits de seigneur majeur : albergue, cavalcade, haute justice et queste générale; de plus, le baile comtal, cinquième consul de droit, perçoit le cinquième des revenus de la ville, consistant surtout en amendes provenant des bans et de la basse justice (1). A Beauvezer, le comte a aussi le monopole des fours et il y possède (1) Infra, édit., nOS 427, 429 et 433. 12 . http://e-mediatheque.mmsh.univ-aix.fr Corpus | Etudes angevines

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