Édouard Baratier : Enquêtes sur les droits et revenus de Charles Ier d'Anjou en Provence (1252 et 1278)

INTRODUCTION 31 près de Saint-Victoret), Laurade ou Sainte-Anastasie (1)), soit une ville neuve (Barcelonnette), soit une ville importante qui n'est pas une ancienne cité épis– copale (Saint-Maximin, Brignoles, Seyne, Tarascon). Ce dernier sens est très proche du sens actuel du mot ville. Avant de quitter ces questions de terminologie, signalons aussi le mot affar, quelquefois employé dans l'enquête, et qui signifie un ensemble de biens immobi– liers et aussi de droits et services appartenant le plus souvent à un seigneur ou à un riche bourgeois (2) ; à l'occasion, ce terme peut aussi bien désigner un simple fonds de terre ou une tenure (3). L'enquête de 1252 présente un caractère vivant, elle a été écrite au jour le jour. Il suffit de parcourir le manuscrit A pour s'en apercevoir. On se trouve en pré– sence de passages barrés, de notes ajoutées, d'états anciens remplacés par de plus récents. Dans les baillies de l'est, se trouvent, avant l'enquête elle-même, des paragraphes assez décousus traitant des parties du domaine à récupérer sur les empiétements des seigneurs, ou d'opérations financières réalisées par les clavaires. Nous avons vu qu'un passage de la baillie de Fréjus ne présente pas ce caractère d'une enquête menée auprès de divers témoins mais a été sans doute copié sur un état préexistant des biens comtaux dans la circonscription. La mise par écrit des droits du comte a fixé des usages jusqu'alors sujets à des modifications. Auparavant le domaine comtal était mal défini, sans limites précises; la mort d'un agent domanial, l'activité ou l'indolence d'un baile pouvait provoquer son agrandissement ou sa diminution. Désormais il est précis, délimité. L'enquête sert de preuve dans les contestations qui s'élèvent entre le comte et les seigneurs sur leurs droits respectifs. Ainsi elle reste, dans les siècles suivants, le document le plus important et le plus précieux de l'administration domaniale. Les officiers de la Cour d'Aix s'y référeront régulièrement jusqu'au XVIe siècle. Son ancienneté et sa concision en font un document unique des plus intéressants à connaître et à consulter. II. L'ENQUÊTE SUR LA BAILLIE DE CASTELLANE DE 1278 Le texte de cette enquête est conservé en un seul manuscrit, classé aux Archives départementales des Bouches-du-Rhône dans le fonds de la Cour des Comptes (li infra, édit., nOS 324, 420 et 642. (2) Cf. nombreux affaria de bourgeois de Grasse confisqués par Raymond Bérenger V (infra, édit., nOS 162 à 165), de même à Guil– laumes (ibid., n or 593 et 595). Synonymes d'affar sont les termes : factum et breve. A propos de Néoules (ibid., nO 360) l'enquête signale que 10 hommes de taille étaient in brevi de Geoffroi de Signes. Une autre enquête de 1305 (Arch. dép. des B.-D.-R., B 1093) mentionne le factum d'un chevalier décédé à Ascros. (3) infra, édit., nO 449 et 450. A Saint-Paul d'Ubaye on trouve mentionné, au début l'achat par le comte de l'affar et dominium de Ros– taing de Valserres. Plus loin parmi les tenan– ciers qui doivent 1 fais de foin on trouve Hu. Fournier "pro affari uxoris» et les fils de Pons Arnaud "pro facto matris». http://e-mediatheque.mmsh.univ-aix.fr Corpus | Etudes angevines

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