Édouard Baratier : Enquêtes sur les droits et revenus de Charles Ier d'Anjou en Provence (1252 et 1278)

56 ENQU:f:TES DE CHARLES D'ANJOU EN PROVENCE Dans le budget comtal le chapitre des cavalcades représente une recette importante. D'après l'enquête de 1252, il est possible d'arriver à un chiffre d'environ 2500 livres, en comptabilisant en argent toutes les cavalcades inscrites avec équivalence. Ce chiffre est très approximatif, puisqu'il néglige les cavalcades ad arbitrium ou secundum passe ou affouagées qui ne peuvent s'évaluer. Pour estimer le concours militaire que peut représenter la levée en chevaliers et en piétons, les difficultés sont encore plus grandes. L'armée comtale de Provence, vers 1250, ne doit pas dépasser alors 180 chevaliers armés en entier, une centaine avec un équipement réduit et trois cents piétons (1 ) . Ces troupes n'ont obligation de servir le comte que pour la durée de quarante jours. On comprend facilement que pour mener des opérations militaires importantes, il était nécessaire, dès cette époque, de recruter des chevaliers et des piétons aux frais du trésor comtal. L'albergue. En ordre d'importance, après la haute justice et la cavalcade, vient l'albergue. Les origines. - L'albergue a pour origine un droit de gîte du comte carolingien qui pouvait se nourrir, loger chez l'habitant et percevoir à cette occasion diverses prestations. Dès la fin de l'époque carolingienne, les immunités interdirent au comte l'entrée de quelques grands domaines; par la suite ce droit tomba souvent aux mains des seigneurs. En Provence, il semble que les comtes aient toujours revendiqué leurs droits de gîte dans le comté, hormis les endroits où ils y avaient renoncé par privilèges. Au Haut Moyen Âge, alberga ne se rencontre pas encore; dans les textes, on trouve : albergarium, arbergarium, ospici um, receut. Au XIe siècle, une charte du comte Bertrand accordant, en 1044, aux moines de Saint-Victor un lieu consacré à saint Promace près de Forcalquier, est particu– lièrement significative sur l'origine de ce droit (2 ) ; les formules finales où nous (1) Une enquête de 1330 sur les cavalcades, très postérieure certes mais fondée en grande partie sur les chiffres de l'enquête de 1252 (Arch. dép. B 171, fol. 28) récapitule pour l'en– semble de la Provence, 343 chevaliers armés, 113 chevaliers armés incomplètement, 1144 pe– dites. Il faut soustraire à ces chiffres, 100 cheva– liers armés, prévus par le traité de paix de 1257 avec Marseille, 30 armés et 13 non armés fournis par la baillie de Sisteron, 15 armés d'après une convention avec les Hospitaliers. Pour les piétons, il faut déduire : SOO fournis par la principauté d'Orange, 100 par les Hospitaliers, 200 par la ville de Sisteron. Ces chiffres ne comprennent pas Aix, Avignon, Aries, Tarascon et Digne qui sont taxées ad arbitrium, ainsi que 81 localités taxées ad arbi– trium ou secundum posse et 47 qui doivent seulement guerre valentiam. D'après cette même enquête, les registres de clavaires de 1280 à 131S mentionneraient en recettes annuelles pour les cavalcades 2.322 livres, auxquelles les enquêteurs de 1330 ont ajouté par erreur, semble– t-il, 883 livres représentant dans les anciens registres d'enquête les cavalcades pécuniaires sans équivalence en chevaliers ou piétons. Dans les baillies d'Apt et de Forcalquier, les comtes n'avaient pas de cavalcades, sinon quelques rachats s'élevant à 138 livres. i2) Cf. GUÉRARD, Cartulaire de Saint-Victor., t. II, p. S, nO 6S9 : « et hoc precipue commonemus ac precipimus vicecomitibus, vicariis sive omni http://e-mediatheque.mmsh.univ-aix.fr Corpus | Etudes angevines

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