Édouard Baratier : Enquêtes sur les droits et revenus de Charles Ier d'Anjou en Provence (1252 et 1278)

INTRODUCTION 61 fois Raymond Bérenger V avait réclamé la queste et que les seigneurs avaient déclaré que si la cour voulait le fouage, ils le payeraient et se feraient ensuite rendre l'argent par leurs hommes (1). La carte des questes, d'après l'enquête de 1252, se rapproche de celle des cavalcades, avec quelques changements cepen– dant; ainsi au Tholonet, près d'Aix, et à Trets, le comte ne perçoit ni albergue, ni cavalcade, ni justice mais il peut lever les questes. Pour certains castra, et notamment dans les domaines des vicomtes de Marseille, on trouve l'expression quista de novo qui semble indiquer une imposition nou– velle. Cette mention est en rapport avec la queste levée pour la rançon de Charles 1 er (2 ) . Les officiers comtaux ont profité de cette occasion pour étendre la levée à des localités qui en étaient exemptes auparavant. On retrouve à des échelons féodaux inférieurs des cas qui sont à peu près sem– blables aux cas comtaux, et ceci, dès la première partie du XIIIe siècle. Ainsi, concédant le consulat le 7 avril 1228 à Selonnet (3 ), Raymond Bérenger V accorde aux seigneurs quatre cas de queste sur leurs hommes : pour leur chevalerie, leur croisade, leur rachat, le mariage de l'une de leurs filles. Boniface V de Castel– lane, dans un accord avec l'abbaye de Saint-Victor (4), au sujet du prieuré de Villecroze, s'en réserve deux seulement, pour marier ou doter une de ses filles et pour sa rançon. Le « pasquerium » comtal. Le droit de pâturage est un droit seigneurial. Le terme pasquerium peut dési– gner le pâturage lui-même, mais très souvent aussi la redevance payée aux sei– gneurs d'un terroir par les éleveurs des troupeaux qui y paissent (5 ) . Ce droit est particulièrement important en Provence et le comte, dans ses seigneuries propres, le perçoit sous diverses formes que nous étudierons dans un autre chapitre. Cependant, régionalement et dans une zone où les droits comtaux sont très largement reconnus, l'enquête de 1252 montre que le comte possède un droit de pâturage qui semble relever du majus dominium. L'origine de ce droit éminent (1) Arch. dép., V G Il. Il s'agit d'une enquête sur les revenus des biens comtaux échangés en 1257 avec l'évêque de Marseille. ( 2 ) Infra, édit., nO 561; à Montagnac près de. Riez, les enquêteurs ont noté quistas de novo pro captione. Lambesc et Meyreuil ne doivent pas les questes, cependant ils ont participé à cette dernière levée; cf. ibid., nO 380 : modo dederunt VI s. pro foceo oecasione captionis domi– ni comitis; ibid., nO 399, à Meyreuil : quistam captionis dederunt... Voici la liste des castra qui dans l'enquête de 1252, ont la me,ltion quista de novo : Baillie de Grasse: Opio, Saint-Vallier, Mouans, Le Bar, Gourdon, La Roquette, Mougins, Cannes. - Baiilie de Fréjus : Puget-sur-Argens, Saint RaphaëL - Baillie de Saint-Maximin : Néoules, La Garde, Toulon, Évenos, Ollioules, Six-Fours, Pignans, Meyrarguette, Brue-Auriac, Forcal– queiret, Garéoult, Signes-Ia-Blanche, Auriac, Saint-Estève, Seillons et Rougiers. - Baillie de Digne-Riez : Thorame-Haute, Montagnac. (3) Cf. Abbé C. ALLIBERT, Histoire de Seyne, t. II, p. 47, P. j. III. (4) Cf. GUÉRARD, op. cit., t. II, p. 135, nO 985. (5) Sur le pasquerium, sa signification et la surcharge pastorale en Provence au Moyen Âge; cf. Th. SCLAFERT, Cultures en Haute-Provence, ch. IV, p. 44 et suiv., et ARBOS, La vie pastorale dans les Alpes françaises, Paris, 1922. http://e-mediatheque.mmsh.univ-aix.fr Corpus | Etudes angevines

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