Édouard Baratier : Enquêtes sur les droits et revenus de Charles Ier d'Anjou en Provence (1252 et 1278)

INTRODUCTION 77 municipale. Dans l'ensemble de l'ouest de la Basse-Provence, même lorsque le pouvoir seigneurial s'est maintenu, les ruraux jouisseht de terres franches ou soumises à un simple cens. B. Les droits et revenus des seigneuries. Certains de ces droits représentent seulement la perception, à un échelon plus modeste, de ceux que le comte exige de l'ensemble des communautés provençales: ainsi l'albergue, la cavalcade, la queste. D'autres, tout en correspondant à des droits comtaux, ne sont pas en liaison directe avec eux et, s'ils s'y apparentent, en différent par l'importance : ainsi les amendes de la basse justice, juridiction qui, au lieu de connaître des crimes comme la justice comtale, réprime de simples délits et des contraventions; les droits de dépaissance, reflets à l'échelon local du pasquerium comtal; les leydes, impôts contrôlant par les marchés urbains l'économie régionale alors que les péages comtaux recensent généralement une circulation plus lointaine et quelquefois internationale. Ce schéma trop simplifié ne correspond pas parfaitement à la réalité seigneuriale beaucoup plus complexe. Tous ces droits s'imbriquent souvent les uns dans les autres, et il est parfois impossible de les délimiter d'une manière aussi théorique. En tout cas, le comte, qui tient plusieurs seigneuries ou parts de seigneuries dans sa main, jouit souvent de tels droits sur lesquels l'enquête de 1252 peut fournir d'utiles précisions. 1. L'albergue, la cavalcade et la queste. Sous des noms divers les seigneurs récupèrent généralement sur leurs hommes les impositions comtales et ils peuvent leur réclamer aussi à l'occasion de sem– blables droits de gîte et une aide pécuniaire. Aussi, même lorsque les communautés payent directement aux agents du comte l'albergue, la cavalcade et la queste, on peut trouver dans les seigneuries des impositions équivalentes levées au profit des seigneurs. L'albergum seigneurial, mentionné beaucoup moins fréquemment dans l'en– quête que l'albergue comtale, est un droit de gîte que le seigneur peut lever sur l'ensemble des habitants (1 ) mais qui est souvent un service lié à la concession d'une tenure; dans ce cas, et lorsque ce droit de gîte est la seule obligation du tenancier, il s'agit en général d'une terre ou d'un affar inféodé à un noble ou à un caslan. Tel est le cas à Lieuche et à Massoins, dans le comté de Nice où certains (1) Infra, édit., nO 465; à Couloubroux près de Seyne, par exemple, où le comte perçoit l'albergue, il possède également un albergum cum V militibus per unum diem pour lequel les habitants ont acquitté cette année au bayle 10 se– tiers d'avoine. Ce droit est venu au comte à la suite de la confiscation des biens de Raibaud de Beaujeu. http://e-mediatheque.mmsh.univ-aix.fr Corpus | Etudes angevines

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